Mon fils a vingt-deux ans, il est autiste, il n'y a pas de place pour lui, et je ne sais pas ce qu'il devient quand je meurs.
Je l'écris comme ça parce que c'est comme ça que ça se présente dans ma tête à quatre heures du matin.
Il a été diagnostiqué à six ans, après trois ans où on m'a expliqué que j'étais une mère anxieuse. Il parle peu, il a besoin que les choses arrivent dans le même ordre, et il peut passer deux heures parfaitement heureux avec les horaires de bus de l'agglomération, qu'il connaît mieux que le réseau.
Il a quitté l'IME à vingt ans. Depuis, il est chez moi. Toute la journée. Dossier MDPH déposé, notification obtenue, et une liste d'attente pour un foyer sur laquelle on est, et je cite la dame au téléphone, « bien positionnés ».
Trois ans de bien positionnés.
J'ai cinquante-sept ans. J'ai arrêté de travailler en 2019. Je touche l'AEEH puis la PCH, j'ai perdu des trimestres que je ne retrouverai jamais, et ma retraite sera ce qu'elle sera.
Le père est parti en 2011. Il envoie un message à Noël.
Voilà ce que je veux écrire et ce que personne ne veut entendre dans les réunions : je l'aime plus que tout et je suis épuisée au point d'avoir pensé des choses que je ne vais pas écrire ici. Les deux en même temps. Toute la journée.
Je ne demande pas du soutien moral. Je demande aux parents qui sont passés à l'après : comment on organise, concrètement, la vie d'un enfant qui vous survivra ?
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