Question pratique et je ne veux pas d'avis sur ma famille, j'ai besoin de la procédure. Mes parents veulent faire une donation-partage et mon frère a déjà reçu de l'argent et le nie.
Je donne tout, pour que les réponses servent.
Mes parents ont soixante-dix-neuf et soixante-seize ans. Ils ont trois enfants : mon frère (cinquante-deux), moi (quarante-neuf) et ma sœur (quarante-cinq).
Leur patrimoine : la résidence principale, estimée autour de trois cent trente mille, payée. Un petit appartement loué, estimé cent soixante mille. Et environ soixante-dix mille d'épargne.
Ils veulent faire une donation-partage de leur vivant parce que leur notaire leur a dit, à juste titre, que c'est le moyen de figer les valeurs et d'éviter les conflits après.
Le problème : entre 2006 et 2014, mes parents ont donné à mon frère, en plusieurs fois, de l'argent pour son entreprise. Le total, d'après ma mère, est d'environ quatre-vingt-dix mille euros.
Ma sœur et moi n'avons rien reçu. Ce n'est pas un reproche sur le principe : mon frère avait un besoin réel et mes parents ont fait ce qu'ils ont voulu avec leur argent, et à l'époque j'étais d'accord et je le suis encore.
Ce qui bloque aujourd'hui : mon frère dit que ces sommes étaient des prêts qu'il a remboursés. Ma mère dit que non. Mon père ne se souvient plus précisément et il est en début de troubles cognitifs, diagnostiqués en 2024.
Les traces : il n'y a pas de reconnaissance de dette. Il y a des virements du compte de mes parents, dont ma mère a retrouvé six relevés sur une période de huit ans, totalisant environ soixante-deux mille. Le reste a été, d'après elle, en liquide et par deux chèques dont elle n'a pas les talons.
Mes questions :
Un. Dans une donation-partage, est-ce qu'on peut intégrer des donations antérieures non déclarées — ce que j'ai vu appelé « donation rapportée » ? Est-ce que ça nécessite l'accord de celui qui les a reçues, ou est-ce que les donateurs peuvent le faire unilatéralement ?
Deux. Si mon frère refuse de signer une donation-partage qui tient compte de 2006-2014, que se passe-t-il ? Est-ce que la donation-partage échoue entièrement, ou est-ce qu'elle peut se faire sur deux parts et le laisser hors du dispositif ?
Trois. Si on ne règle rien maintenant et que ça se joue à la succession : les virements retrouvés sur relevés valent-ils preuve d'une donation ? Ou est-ce que, faute d'acte, l'héritier peut soutenir qu'il s'agissait de prêts remboursés en espèces, et où se trouve la charge de la preuve ?
Quatre. L'état de mon père. Il est encore capable juridiquement — aucune mesure de protection n'est en place. Y a-t-il un intérêt à agir vite pour que sa capacité ne soit pas contestée plus tard ? Et à l'inverse, est-ce qu'un acte signé maintenant pourrait être attaqué pour ce motif dans dix ans ?
Cinq, et c'est la vraie question : est-ce que quelqu'un ici a fait une donation-partage avec un enfant qui contestait des avances anciennes ? Comment le notaire a-t-il tranché, et est-ce que la famille a survécu ?
Je précise : je ne veux pas plus que ma part et je ne veux pas que mon frère rende quoi que ce soit. Je veux que ma sœur et moi ne découvrions pas en 2032, devant un notaire, que quatre-vingt-dix mille euros n'ont jamais existé.
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